Interview
Interview
L'humano dentosophie des dents avec Michel montaud
Humano-DentoSophie , invité : Michel Montaud
Interview I Feel Good - le Podcast qui vous veut du bien
Michel Montaud - Interview Anglais
Interview de Journaux
- Grandir autrement N°21 - Janvier-février 2010
- Article Fémi - Bio
- Revue NEXUS Italie 9 janvier 2014
- Principes de santé
- Psychologies Magazine - Janvier 2020
Principes de Santé – Mars 2024
La « dentosophie » est une approche holistique pour une meilleure santé globale, voire une autothérapie menant à une autre philosophie de vie. Préserver ses dents sans chirurgie ou appareillage, mais aussi soigner divers maux autres que les pathologies dentaires tel est son objectif.
Inspiré par l’anthroposophie de Rudolf Steiner, le docteur Michel Montaud en est le porteur.
Nos dents nous parlent de notre santé globale
Principes de Santé En travaillant cet entretien, il est difficile de dresser une biographie officielle…
Michel Montaud (rires) J’aime dire que je suis simplement un « être humain », en quête d’une humanité perdue. L’homme contemporain n’est que « tête ».
Ma tâche est d’ouvrir les gens sur le « sentir ». En outre, dire que l’on est dentiste est réducteur. La France a séparé les médecins des dentistes, ce qui revient à penser que la bouche ne fait pas partie du même corps physique. Or les pathologies buccales ont un lien direct avec tout le psychisme via les organes et le système nerveux. Et vice versa.
Principes de Santé Avec la dentosophie, une carie disparue résoudrait des migraines ou un changement d’alignement dentaire pourrait chasser une dépression ?
Michel Montaud Tout dysfonctionnement dentaire dit quelque chose du corps et de l’être en général. Le mot « dentosophie » vient du latin dens, la dent, et du grec sophia, la sagesse ! Car les dents ont une vraie sagesse. Elles sont généreuses car visibles et permettent de comprendre d’éventuels problèmes sans passer un scanner ou autres. La dentosophie porte en elle l’espérance qu’un jour « l’homme écoute la bouche lui parler de l’homme ».
Principes de Santé Comment passe-t-on de la dentisterie à la « sagesse des dents » ?
Michel Montaud Grâce à la maladie, le « mal qui dit » ! J’ai un parcours classique. Des études de chirurgien-dentiste, un beau début de carrière, une belle famille… Mais j’ai des douleurs au dos et au ventre de plus en plus violentes (80 % des dentistes en souffrent). Et surtout, mon fils de 9 ans à l’époque, a des problèmes et on veut lui arracher des dents. Je pressens que cela n’a pas de sens. Je découvre alors les travaux des professeurs Soulet et Besombes en France, qui ont inventé un appareil en latex pour rétablir l’équilibre buccal. Assez vite, la science décrétera cette découverte inutile. Or, non seulement cet appareil va fonctionner pour la dentition de mon fils, mais il fera évoluer aussi son comportement. Quant aux maux qui s’exprimaient dans mon propre corps, ils disparaissent. Un tout nouveau chemin de vie a alors commencé.
Principes de Santé Ajoutons à cela des rencontres singulières ?
Michel Montaud J’ai eu la chance de bien connaître Gitta Mallasz qui a écrit « Dialogues avec l’ange » dont l’idée de la tâche que chacun doit accomplir m’a marqué. À l’époque, j’étais loin de penser que la spiritualité pouvait se traduire dans la matière. Et inversement. Plus tard, j’ai aussi travaillé longuement avec Elsa Gaensburger qui a créé la première école Steiner en France. Mais surtout, je l’ai dit, il y a eu cette étrange rencontre avec ce petit morceau de latex, sorte de double gouttière, qu’on appelle « activateur plurifonctionnel ». Je l’ai mis dans des centaines de bouches, dont la mienne, pendant des années. Son efficacité renouvelée m’a confirmé que, via la bouche, on pouvait accéder à l’extraordinaire capacité d’autoguérison de notre corps. Non seulement des dents peuvent reprendre leur place dans une cavité buccale, sans appareillage ou chirurgie, Mais, en outre, divers maux de notre mal-être disparaissent…
Principes de Santé Comment expliquer le pouvoir de cet activateur ?
Michel Montaud C’est un peu comme un traitement ostéopathique crânien doublé d’un temps d’autothérapie liée à la présence à soi. Car, outre le port la nuit, en mordillant plusieurs fois par jour l’appareil, on marque une pause, consciente, dans son agitation quotidienne. On met alors en route nos propres forces de volonté, à ne pas confondre avec les forces de réaction. Et puis, la neuroplasticité est aussi en jeu. L’activateur potentialise les stimulus via les neuromédiateurs. Il sollicite autrement la respiration, la succion, la déglutition, la phonation ; il joue sur la place de la langue dans le palais, sur la façon de mâcher, sur la dimension verticale du corps.
Il n’existe pas un seul organe pour respirer, le poumon ne suffit pas.
Idem pour la déglutition et la mastication liées à la digestion, et la phonation liée à la pensée.
Principes de Santé Rudolf Steiner a beaucoup inspiré vos travaux ?
Michel Montaud Cet homme a eu une vision à la fois scientifique, inspirée et holistique du vivant et des interactions matière/non matière. Il a mis en avant la triarticulation corps, blème dentaire en allant chez le dentiste ? âme, esprit, et aussi fait des liens entre pensée, sentiment et volonté.
Au fil de constats empiriques, j’ai fait des liens analogiques. En pensant médecine anthroposophique, j’ai compris que par exemple une occlusion équilibrée est nécessaire car c’est la position clé pour être vraiment dans le présent, donc dans un tout autre état d’être. J’ai aussi fait des liens entre des profils (trop de pensées et pas assez d’action ; ou au contraire trop d’action mais pas de réflexion ; ou encore une incapacité à se poser dans le présent) et ce qui bouge ou ne bouge pas comme la mandibule et le maxillaire. Les chevauchements dentaires parlent de nous bien au-delà de ce qu’on imagine !
Principes de Santé Vous prenez aussi en considération sa logique du « marcher-parler-penser » ?
Michel Montaud Car je crois moi aussi que tout ce que nous ressentons, apprenons et vivons sensoriellement en tant que fœtus puis dans les premières années a une importance capitale sur le développement de tout notre être et donc sur l’équilibre de la bouche. Rudolf Steiner, comme Béatriz Padovan ensuite, a bien expliqué que parler se fait d’abord à travers le corps avant de se faire par la bouche. Penser aussi.
Nous croyons que quand des étapes de développement ont été sautées ou mal traversées, le corps et l’esprit vont compenser. C’est tout cela qui doit s’harmoniser.
Principes de Santé Pensez-vous qu’un déchaussement, voire une carie ont du sens ?
Michel Montaud À condition de s’interroger sur le « pour quoi ? » et non le « pourquoi ? ». On ne peut se contenter d’incriminer ce que j’appelle l’« extérieur », c’est-à-dire l’autre, le microbe, le virus, etc.
Sinon, pourquoi le brossage protégerait-il toutes les autres dents et pas celle qui a une carie ? Même type de questions autour des amalgames : si seul le mercure était en cause, pourquoi les porteurs d’amalgames ne seraient-ils pas tous malades ? Le psychoaffectif fragilise les défenses immunitaires, c’est prouvé ! II faut toujours personnaliser l’analyse de la réponse du corps et se souvenir que le système essaie tout pour compenser un dysfonctionnement. Tout, jusqu’à la maladie parfois qui est là pour élever notre conscience. La dent doit toujours être considérée comme un fusible qui saute. Mais changer le fusible sans rechercher la cause du court-circuit ne mène à rien. Et chaque maison est différente.
Principes de Santé Les patients sont-ils prêts a priori à aller au-delà de leur problème dentaire en allant chez le dentiste ?
Michel Montaud Les dentosophes sont formés à recevoir autant de premières urgences qu’à accompagner un possible changement global, en douceur, car le travail peut durer plusieurs années. Ils sont sensibilisés à un ressenti authentique que viendra ensuite compléter un savoir. Les patients peuvent être étonnés au début. Quoiqu’ils viennent rarement par hasard et sont mûrs pour penser autrement.
Ce qui est bon car la formule de Paracelse est majeure : « Le seul médecin pour l’homme, c’est luimême, et le médecin est son médicament. » P. de S En quoi votre approche estelle différente d’autres visions alternatives, notamment le « décodage biologique » ?
Michel Montaud J’ai reçu des informations sur le langage des dents, il y a plus de vingt-cinq ans. Mais je me suis toujours refusé de l’écrire car son interprétation peut être catastrophique. C’est comme si nous apprenions les lettres de l’alphabet en espérant parler la langue. À mes yeux, il est préférable de régler les conflits ancrés dans l’inconscient par un travail conscient corporel, via l’activateur. Les conflits peuvent ainsi disparaître sans passer par la conscience. Mettre consciemment l’activateur en bouche permet un passage bénéfique vers une autre conscience de soi.
Principes de Santé La dentosophie n’est pas reconnue en France, voire décriée. Quelle est la situation ailleurs ?
Michel Montaud En Italie, où, les dentistes ont longtemps été formés aussi comme des médecins, on a permis à un de mes stagiaires de soutenir une thèse récompensée par la note maximale. En France, j’observe sans rien attendre. Comme le disait Einstein : « On ne peut résoudre les problèmes avec le même cerveau que celui qui les a créés. » Or nous manquons actuellement d’une vision sacrée, qui est un chemin personnel vers notre partie spirituelle laissée à la naissance. l
Entretien réalisé par Christine Saramito
En savoir plus
Site internet : www.dentosophie.com
Livres : « Nos dents, une porte vers la santé », éd. Le Souffle d’or « De la dent à l’homme, un parcours bouleversant », publié à compte d’auteur, les droits sont reversés à diverses écoles Steiner.
À lire : « Regards sur Rudolf Steiner », de Peter Selg, éd. Novalis.
Michel Montaud
Michel Montaud, né en 1954, a étudié à la faculté de Lyon pour devenir chirurgien-dentiste. Mais il a tenu à compléter sa formation en autodidacte auprès de spécialistes divers, ostéopathie, médecine chinoise, RNO du professeur Planas, etc. Il s’est surtout inspiré du travail de Rudolf Steiner en anthroposophie pour concevoir la dentosophie. Installé dans la Drôme, il donne des formations en dentosophie, et prévient ses stagiaires : « La dentosophie ne s’enseigne pas, elle se vit… » Il préconise une approche globale mais subtile et en douceur, afin que le patient accède seul à une lecture et à un changement de tout son être à partir de sa dysmorphose buccale.
Lire l’entretien dans la revue
Psychologies Magazine – Janvier 2020
« La dentosophie rééquilibre nos dents, mais aussi tout notre être »
Pour le dentiste Michel Montaud, nos dents reflètent notre fonctionnement profond. Grâce à un « activateur » en caoutchouc à mordiller, il serait possible d’apaiser certains troubles physiques et émotionnels. Notre journaliste a testé.
Par Sophie Bartczak – Illustration Éric Giriat
La méthode
Respiration, mastication, déglutition, phonation : notre bouche tient un rôle primordial dans notre équilibre global, assure Michel Montaud. Jusqu’à 12 ans, quatre-vingts millions de respirations nasales stimulent la croissance des sinus maxillaires (au-dessus des prémolaires), permettant aux dents de se placer sur leur os. A contrario, avec une respiration buccale, la place est insuffisante et les dents se chevauchent. La respiration nasale permettrait aussi de garder le conduit auditif ouvert et d’éviter le développement d’otites par accumulation de mucus. Pour la favoriser, l’humano-dentosophie recommande l’utilisation d’un « activateur », sorte de gouttière en caoutchouc.
La déglutition aussi est fondamentale. « Nous déglutissons quelque deux mille fois par jour, poursuit l’expert, ce qui stimule les os du palais – la langue s’étale alors contre le maxillaire supérieur. À 12 ans, sept millions de stimulations ont contribué à faire de la place sur un os très malléable en pleine croissance. Mais en cas de béance – les incisives du haut ne rejoignent pas celles du bas –, la langue s’y engouffre et entraîne des troubles de déglutition et d’élocution. »
Michel Montaud est formel : ces formes de bouche peuvent être corrigées par l’activateur, qui empêche la langue de s’étaler entre les dents, stimule leur alignement et améliore la phonation. « J’ai également constaté une relation systématique entre la bouche, la posture et le mal de dos, et j’assiste à des guérisons spectaculaires de douleurs cervicales, dorsales, lombaires ou articulaires, mais aussi de migraines. » Le contact des dents entre elles délivrerait des informations sur notre position dans l’espace, et notre squelette comme nos muscles s’y adapteraient, modifiant notre posture. Enfin, notre bouche témoignerait de notre tempérament : « Nos dents sont comme un écran où se projette l’invisible en nous, et un formidable outil de découverte de soi. Elles nous racontent notre histoire et peuvent nous permettre de guérir. »
La découverte
Il y a plus de trente-cinq ans, Michel Montaud était un chirurgien-dentiste classique. À la recherche d’une alternative à l’extraction dentaire pour son fils de 9 ans, il découvre une gouttière en latex inventée par René Soulet et André Besombes. Rapidement, les cauchemars et vertiges de son fils disparaissent, puis ses dents se réalignent peu à peu sans intervention chirurgicale. D’autres patients suivront, avec les mêmes résultats, ce qui donnera lieu à une nouvelle thérapeutique dentaire : la dentosophie (sagesse des dents), puis humano-dentosophie.
La première séance
J’ai rendez-vous chez une praticienne en Île-de-France. Après avoir observé mes dents, elle me dit que, depuis l’enfance, je fonctionne plutôt sur la gauche (je mâche mes aliments souvent de ce côté), avec comme corollaire beaucoup de créativité et d’émotions. J’acquiesce : de tempérament très créatif, j’aurais aussi endossé des rôles manageriaux qui créent des déséquilibres dans le corps que je dois corriger, m’explique-t-elle. Ma légère supraclusion (recouvrement trop important des dents du haut) pourrait traduire une sensation d’enfermement, avec des idées qui moulinent. Et cette incisive avancée, une rébellion envers l’ordre établi.
« Les dents reflètent notre harmonie ou disharmonie intérieure, poursuit la praticienne. En changeant, nous pouvons les faire bouger, et leur réalignement reflète nos changements intérieurs. » Ses mots sonnent juste, mais je me demande par quel mécanisme gagner en sagesse pourrait faire « bouger » mes dents, quelle que soit l’ampleur du fameux activateur, qu’elle ajuste selon mes remarques : cela doit être agréable, comme un doudou !
Vient ensuite un temps allongé, pieds sur un coussin, pour garder le corps relaxé et le dos plat au sol. L’activateur en bouche, je colle ma langue au palais et déglutis plusieurs fois. La praticienne m’invite à le mordiller. Ce caoutchouc n’est qu’un intermédiaire pour placer nos dents et prendre conscience de leurs points d’appui ou de leur absence. À l’issue de cette séance, j’ai de légères douleurs au front et aux sinus. La spécialiste me conseille d’y aller en douceur... Prochain rendez-vous dans six semaines.
D’ici là, je dois faire cet exercice trois fois quinze minutes chaque jour, puis, après une semaine, porter l’activateur chaque nuit. Avant de partir, mes dents sont immortalisées en photo pour voir leur évolution.
À la maison, lors des exercices, j’ai l’impression de ressentir d’infimes mouvements crâniens comme pendant une séance d’ostéopathie, se répercutant sur tout mon dos. Front, mâchoires, cou, nuque... je prends conscience de mes tensions. Mon corps se dénoue peu à peu, toutes mes réactions, et j’éprouve très vite le besoin de pratiquer régulièrement. J’ai adopté ce doudou réconfortant ! J’ai l’impression que mes dents se desserrent un peu, même si cela prendra sans doute du temps pour leur redonner de l’espace, mais, finalement, cette quête est devenue secondaire, car j’ai compris que l’approche se veut plus large. Je constate déjà une légère amélioration de mes tensions dans le dos et j’apprécie l’apaisement général apporté.
À lire
Nos dents, une porte vers la santé, de l’équilibre buccal à l’équilibre global, de Michel Montaud (Le Souffle d’or).
Sur le web
Dentosophie.com : pour en savoir plus et trouver un praticien. La dentosophie peut être commencée dès 2 ans. Sa durée dépend de chacun. Chaque thérapeute (dentiste ou autre professionnel de santé) définit ses tarifs.
Lire l’article dans le magazine
Revue NEXUS – 9 janvier 2014
Les constats
Fraîchement diplômé de la faculté dentaire de Lyon, mon exercice professionnel commence.
Je me trouve, pour la première fois, seul face à la carie, entre autres. J’ai changé de statut et n’ai plus droit à l’erreur ; je suis passé de celui d’étudiant à celui de professionnel.
Je suis heureux d’être enfin devenu un homme libre et indépendant car c’est ce que je crois fortement à ce moment-là.
A partir de cet instant, je vais consacrer la plus grande partie de mon temps de vie - et je précise bien ‘’ mon temps de vie ’’- à nettoyer des caries, c’est à dire à assainir des trous et à les reboucher. Puis je vais voir revenir les mêmes patients (cela s’appelle par la suite une clientèle) souffrant de caries sur les mêmes dents (et quelquefois sur d’autres). Je ne réfléchis pas un seul instant et traite de nouveau cette dent en élargissant davantage le précédent trou puis en le rebouchant ; ceci jusqu’à ce que cette dent, devenue bien trop cariée, soit dévitalisée (on enlève le fameux nerf qui entraîne des douleurs parfois importantes) à la suite d’une énième carie. Une fois la dent dévitalisée, le monde dentaire s’est aperçu qu’elle devenait plus fragile que les autres et a décidé de la « couronner » avec l’aval de la Sécurité Sociale et de son providentiel remboursement.
Seulement, je découvre au cours de mon exercice libéral que ces dents dévitalisées, couronnées ou pas, ont tendance à s’infecter davantage que les dents vivantes. De plus, ces dents ont aussi une fâcheuse tendance à se casser. Quoi qu’il en soit, infectées ou fracturées, elles finissent pratiquement toutes par être extraites (quand on parle le langage « dentiste ») ou arrachées (si on emploie le langage « patient »). Une fois ces dents disparues, notre devoir est de les remplacer, soit par des prothèses fixes (bridges) soit par des prothèses amovibles (les fameux dentiers), puis, plus récemment, par des implants ; et pour certaines personnes, assidues des cabinets dentaires, cela finit par une prothèse complète en remplacement de toutes les dents sauf les dents de sagesse que nous ne remplaçons jamais.
Ces quelques lignes résument la vie professionnelle d’un chirurgien dentiste qui, en ce qui me concerne, m’accaparait 9 à 10 heures par jour, 6 jours sur 7, au début de mon activité.
Si je fais les comptes, je constate que, entre ces 9 à 10 heures de travail, se trouve la pause de 12 à 14h, destinée uniquement à manger et faire une sieste, et me permettant simplement de souffler avant de repartir. Si nous ajoutons à cela les 8 heures de sommeil indispensable à mon équilibre, plus le temps du lever, des trajets, et du repas du soir, nous arrivons à un total de 21h à 22h par jour. Il me restait donc 2 à 3 heures, le soir, pour décompresser. Il ne pouvait se trouver de place pour une quelconque réflexion, pensée ou ouverture culturelle.
Ne restait alors que le dimanche, où je pratiquais un sport, qui était une passion. Dans ces conditions, il m’était impossible d’envisager éventuellement un autre mode de fonctionnement, puisque c’était le fonctionnement normal d’un dentiste en 1979, en tout cas ce qu’on m’en avait dit.
Mais au moment où j’écris ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser que c’était - et c’est toujours - peu ou prou le schéma de vie d’une très grande partie de l’humanité avec peutêtre quelques nuances à apporter selon les continents.
Lorsque j’écris tout cela, je me replonge à tel point dans le contexte de l’époque que j’en oublie presque de vous dire que j’étais marié à une femme remarquable et venais d’avoir un petit garçon. Cet oubli montre, s’il en était besoin, qu’à l’époque, le système de fonctionnement « référent » faisait abstraction de l’environnement familial, lequel devait nécessairement s’adapter puisqu’il était inconcevable de faire autrement. J’étais celui qui rapportait l’argent à la maison ; cet homme-là est intouchable et a tous les pouvoirs (et même toutes les excuses) puisqu’il respecte à la lettre la norme de notre société : gagner de l’argent.
Très rapidement l’euphorie de mes nouvelles « liberté et indépendance » va disparaître pour faire place à un mal-être qui, au fil du temps, deviendra de plus en plus grandissant et de plus en plus invalidant, mal-être qui sera concomitant à ceux de mon fils et de mon épouse, chacun l’exprimant à sa façon *. Ce mal-être va se somatiser et me provoquer de violentes douleurs au dos et au ventre, douleurs qui vont amener la médecine à évoquer une spondylarthrite ankylosante. Mais ce que je qualifie aujourd’hui de « mal être » était, à l’époque (et est toujours) considéré comme un état normal. Cela faisait partie de la vie de l’homme, de fonctionner de la sorte et, de l’extérieur, personne ne devait le remarquer.
Seul le recul, à présent, peut me permettre de voir la puissance développée par l’homme pour accepter ce qui est, et quel aveuglement il met en place pour ne pas voir.
En effet, comment est-il possible que certaines personnes passent une vie entière de cette façon ?
Parce qu’un être humain est devenu dentiste.
Mon état d’être humain s’est effacé au profit du statut de dentiste ; je ne suis plus Michel Montaud, être humain ; je suis devenu Michel Montaud, chirurgien dentiste ou mieux encore
Docteur en Chirurgie Dentaire.
Notre société a mis en place une hiérarchie basée sur la profession exercée. Lorsqu’on se présente, nous existons de plus en plus en tant que plombier, boulanger, médecin, etc. mais de moins en moins en tant qu’homme. J’existe donc comme dentiste et, à ce titre, la vie que je mène est tout-à-fait normale, et mon mal-être et celui de ma famille n’ont aucun lien avec ma vie professionnelle puisque celle-ci est considérée comme taboue et intouchable.
A travers ces propos, je parle de notre société qui a instauré tout ce système. Cette phrase est récurrente : « Ce n’est pas moi qui décide, c’est la société. » On l’entend de tous côtés comme un alibi pour se dédouaner de ne pas faire par soi-même.
Mais où nous situons-nous, nous les hommes, dans cette société ? Qui a créé cette société, que nous fustigeons régulièrement en avouant notre impuissance, sinon nous, les hommes ?
Donc cette phrase - ‘’notre société a mis en place une hiérarchie basée sur la profession ’’doit être modifiée en : ‘’nous tous, les hommes, vivant sur cette terre, avons mis en place une hiérarchie basée sur la profession, l’argent et le pouvoir’’. Seuls ces critères sont pris en compte. Il est aisé de montrer à quel point ils sont profondément ancrés en nous.
Aujourd’hui, dans mon cabinet, à la première consultation, j’ai une question que je qualifierais de « piège ». Je demande aux parents, souvent à la maman - car je vois plus souvent les mères que les pères pour les raisons que je viens d’évoquer - de me dire comment « marche » leur enfant à l’école. Je vois alors, chez certaines d’entre elles leurs yeux s’illuminer avec une certaine fierté, pour me répondre que leur enfant est brillant en classe.
Ces parents, venus en consultation, ont tous lu mon premier livre (c’est une condition préalable à la première rencontre) et viennent en ayant connaissance d’une certaine démarche de ma part ; ils ne sont pas en terrain inconnu car ils ont perçu, par le biais de ce livre, une souffrance chez leur enfant. Mais lorsque nous évoquons les résultats scolaires, c’est comme si plus rien n’existait, comme s’ils avaient tout oublié du mal-être « éventuel » de leur enfant, de ce qu’ils ont lu lorsque je parle dans ce livre d’hyper intellectualisation précoce, par exemple.
Nous sommes endoctrinés à un point tel que le discours sur l’école, les devoirs et la réussite scolaire, synonyme de diplôme, de réussite professionnelle, donc d’argent voire de puissance, reprend toute sa place. L’éventualité d’une autre conception n’est plus entendue ou a du mal à être perçue, et la boucle est bouclée. Nous sommes pris au piège de la « réussite professionnelle » qui est en train de tuer l’être humain et ceci dès notre plus jeune âge.
Nous ne pouvons plus continuer, nous les adultes, à cautionner la destruction de nos enfants, comme on a cautionné la nôtre. Et je pèse mes mots lorsque je parle de destruction, car il en va bien ainsi, et cela se lit dans toutes les bouches de ces petits êtres entrevus dans nos cabinets. Toutes ces bouches « tordues » signent une souffrance psychoaffective.
Pour ne pas passer une vie entière de cette façon, il faut progressivement - car cela ne se fait pas toujours du jour au lendemain - décider de se séparer de son statut de professionnel et de faire renaître l’être humain. A ce moment là l’homme recommence à voir et à se servir de tous ses organes des sens, anesthésiés jusqu’alors. Il se donne du temps, ingrédient indispensable à l’une des facultés capitales de l’homme : le discernement.
C’est cette amorce de discernement qui m’a fait me poser certaines questions.
Je ne suis pas épanoui, alors que j’ai soi-disant tout pour être heureux, et je subis mon travail, qui est là uniquement pour me faire vivre.
Mais ce schéma est-il la normalité ?
Est-il normal d’être plus souvent dans la soumission, dans le compromis, plus souvent dans le mal-être que dans le bien-être ?
Est-il normal qu’un dentiste passe sa vie HUMAINE à « soigner » pour aboutir inexorablement à la perte des dents ?
N’est-il pas en train de faire fausse route ?
Car s’il était sur la voie du juste, ces actes ne devraient-ils pas empêcher cette perte inexorable ?
Certains peuvent me répondre : le dentiste ralentit un phénomène qui est universel.
Mais alors, si cela est véritablement le cas, pourquoi certaines personnes meurent-elles avec toutes leurs dents ?
Pourquoi existe-t-il des bouches indemnes de caries ?
On va de nouveau me rétorquer que ces personnes sont des exceptions. Mais, si elles sont des exceptions, c’est que nous ne sommes pas en face de lois universelles mais bel et bien en face de « lois » inventées par l’homme. Nous appellerons celles-ci des « règles » pour ne pas les confondre avec les « lois » qui sont quant à elles réellement universelles et ne supportent aucune exception.
Et si nous élargissons cette perte dentaire inexorable à d’autres pertes d’organes, nous pouvons nous demander :
Est-il normal qu’un être humain parte en morceaux ?
Et si la chirurgie était un constat d’échec de la médecine (je ne parle pas ici des accidents) ?
Cette chirurgie ne serait que la conséquence urgente d’une médecine ne guérissant pas.
Lorsque nous observons les progrès de la chirurgie, en un siècle, on est en droit, vu sous cet angle, de se poser des questions quant à l’efficacité de notre médecine moderne.
Et pourquoi, dans une même bouche certaines dents sont-elles atteintes et pas d’autres ?
Et pourquoi ? Et pourquoi ? Et pourquoi ?
Quand la faculté de discernement se met en route, les questions affluent de tous côtés. C’est comme si l’on s’était libéré d’un masque nous empêchant de voir. On passe du statut d’aveugle à celui de borgne. L’avenir m’apprendra qu’un véritable chercheur (celui qui trouve) a toujours des questions jusqu’à la fin de sa vie ; le jour où il n’a que des réponses, il ne peut plus chercher.
Nous pouvons nous demander :
Comment est-il possible qu’un dentiste puisse consacrer l’essentiel de sa vie terrestre à boucher des trous et à « replâtrer » inlassablement les fissures pour aboutir malgré tout à la démolition, sans prendre un jour conscience de l’inutilité de son travail, ni du mal-être dans lequel il se trouve ?
Qu’est-ce qui nous pousse à nous maintenir dans cet aveuglement ?
Quelles sont ces forces, si puissantes, nous empêchant de voir ?
L’une des plus importantes est le matérialisme (l’argent).
De la carie au psycho affectif
Mon mal-être personnel et celui de ma famille allant grandissant, il ne m’était plus possible de vivre cette vie-là. Des événements dans mon existence vont alors se produire pour me permettre de commencer à ouvrir un peu mes yeux *. Des questions vont arriver et des résultats cliniques concrets, nécessaires au « cartésien » que j’étais, vont affluer de tous côtés.
Je vais passer du constat des caries dans une bouche à la vision des déformations de ces mêmes bouches pour m’apercevoir qu’aucune n’était équilibrée, que toutes les bouches de tous les êtres humains étaient « tordues ». Je vais utiliser des « techniques » non reconnues par la profession et voir apparaître des résultats défiant l’entendement.
Non seulement ces bouches vont s’harmoniser mais je vais constater des améliorations à d’autres endroits du corps physique. Des pathologies d’ordre structurel (douleurs au dos, problèmes articulaires, changement de posture) vont disparaître, au fur et à mesure de l’harmonisation de la bouche.
A mesure de ma curiosité, je vais m’apercevoir, en fouillant de plus en plus, de la disparition de symptômes et de toutes sortes de maladies, toujours en corrélation avec l’investissement personnel du patient dans sa thérapeutique.
D’observations en observations, je vais faire le rapprochement systématique entre l’harmonisation de la bouche de ces patients, l’amélioration de leur état de santé et leur mieux-être psycho affectif. Toutes ces personnes apportaient les mêmes témoignages sur une autre façon d’appréhender la vie, sur un véritable élan de vie ; elles avaient retrouvé l’envie, et dans ‘’envie’’ il y a ‘’EN VIE’’.
Tout cela se passait naturellement, sans que j’évoque quoi que ce soit, à propos d’un éventuel chemin « d’éveil » à suivre. Elles se contentaient simplement, dans un premier temps, de mordiller un appareil en latex. La base de la dentosophie repose sur le port d’un activateur en latex, qui sera porté quelques minutes dans la journée et avec lequel nous allons dormir.
A la suite de ce travail nous (avec tous les dentosophes qui se sont investis dans ce protocole) allons assister à des équilibrations buccales inexplicables avec les données de la science actuelle.
Ces observations cliniques, qui ne sont pas parties d’hypothèses puisque, à l’époque, je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer, m’ont amené à émettre ce double postulat.
– Le psycho-affectif d’une personne s’imprime tout entier dans sa bouche.
- Toute transformation de la région buccale a une incidence sur le psycho-affectif de la personne.
(Si on veut s’opposer à un postulat on doit en apporter une preuve. A l’heure d’aujourd’hui personne n’a pu apporter cette preuve.)
Nous avons pu établir un véritable langage de la bouche, un langage universel qui permet de voir le jamais vu et de pouvoir entendre le jamais entendu ; le non verbal, ce que le patient n’a jamais osé dire est inscrit dans sa bouche comme dans n’importe quel autre endroit du corps, mais il est plus facile de voir une bouche qu’un foie par exemple.
Cet universalité nous apporte la preuve de la relation systématique entre le corps physique – en l’occurrence la bouche en ce qui nous concerne – et le tempérament de l’homme.
Ma profession venait alors de prendre un tout autre sens ainsi que ma santé. Je passais de l’état de mal-être et de souffrance intérieure à un état de bien-être. Toutes mes pathologies vont disparaître du jour au lendemain. Je passais d’un métier insipide, à travers lequel je gagnais de l’argent pour vivre, à une Tâche passionnante et excitante faite d’émerveillements quotidiens, me procurant un enthousiasme sans limite, enthousiasme qui ne m’a plus jamais quitté et qui est quelque chose d’essentiel et de fondamental pour la vie des hommes.
Ce nouvel état d’être était omniprésent dans mon cabinet et aussi dans ma vie. Il n’y avait plus de séparation entre le Michel dentiste et le Michel être humain ; les deux se comportaient de la même façon ; il n’était plus nécessaire de jouer un rôle à chaque instant de ma vie.
Il est à noter que cette nouvelle façon d’agir me permettait de vivre sereinement, également sur le plan financier ; ce qui m’a un jour amené au constat suivant :
On ne travaille pas pour gagner de l’argent, mais l’on s’épanouit dans son travail (et dans sa vie) de sorte que l’on reçoit l’argent nécessaire pour vivre.
L’argent n’est plus le seul objectif à atteindre et la raison pour laquelle je travaille, mais devient une conséquence. Il reprend la place qu’il n’aurait jamais du quitter, à savoir être au service de l’homme et non l’inverse.
Lors de l’écriture de mon premier livre *, je me suis volontairement arrêté au stade du psychoaffectif mais à présent, cela ne suffit plus.
Nous devons nous éveiller à autre chose.
Au moment où je vous parle, il n’existe aucune réponse scientifique expliquant les résultats spectaculaires que les patients obtiennent.
Pourtant les métamorphoses de ces bouches sont visibles. A cet instant de ma vie, je me suis trouvé confronté à 2 possibilités : - Soit je faisais ‘’l’autruche’’ et ne voulais pas voir ; ce que la science réussit fort bien.
- Soit je devenais un réel chercheur et m’empressais d’essayer de comprendre l’impossible pour le savoir actuel.
J’ai bien sûr choisi le 2°) chemin, celui qui conduit à la véritable connaissance de l’Homme.
Ce chemin est enseigné dans aucune faculté mais il nous entraine inexorablement à la rencontre des véritables chercheurs de la planète. Et ce qui devient prodigieux c’est que, quelles que soient leurs disciplines, tous arrivent au même endroit et aux mêmes conclusions.
Que cela touche la physique quantique ou la biologie nous devons accepter que notre savoir actuel soit totalement insuffisant pour accéder au chemin vers la connaissance. La connaissance est une partie de nous que nous laissons à la naissance et que nous devons retrouver durant notre vie terrestre. La connaissance vient des mots ‘’con nascere’’ (naître avec). Elle est innée. Le savoir nous est inculqué. Il est acquis. Or dans la science dite moderne, le savoir masque l’accès à la connaissance pour les scientistes. (un scientiste est une personne qui se contente de répéter ce qu’on lui a enseigné sans jamais avoir été vérifier les sources de son enseignement) Le savoir, au contraire, devrait être au service de la connaissance et cela se vérifie chez les véritables chercheurs scientifiques, ceux qui ne se contentent pas de répéter inlassablement les croyances enseignées, mais qui vont aller réétudier tous les fondements du savoir bien appris. Et là, ils prennent conscience que tout leur enseignement est basé sur des dogmes non prouvés, voire mensongers.
Je suis un scientifique de formation et j’essaie de toujours respecter ma rigueur scientifique qui consiste à ne plus croire sur parole sans avoir fait la démarche d’aller vérifier. Mais la science actuelle n’a pas les outils suffisants pour cette vérification. Il va être nécessaire d’aller en chercher d’autres.
Nous sommes à un tournant de l’humanité. Tous les feux sont au rouge et nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas les voir. Les dents nous apportent des preuves concrètes, visibles, reproductibles que nous faisons fausse route et toutes nos bouches sont là pour le hurler.
Je terminerai sur deux citations: « On ne peut pas résoudre les problèmes avec le même cerveau que celui qui les a causés. » Albert Einstein « Il nous faut créer le jamais vu, le jamais entendu » Gitta Mallasz (auteur du livre ‘’les dialogues avec l’ange’’ Albert Einstein n’était pas seulement un scientifique de génie, il était aussi clairvoyant et Gitta mallasz était, je pense, une initiée.
- Livre : ‘’ Nos dents, une porte vers la santé ’’ * Titre italien : ‘’Denti e salute’’ Ed : Terra Nuova
Article Fémi – Bio – 18/05/2011
ARTICLE
La dentosophie, notre bouche est le miroir de notre santé
Article du : 18/05/2011
Réalisé par :
A. Ghesquière et S. Jarroux
Michel Montaud* est chirurgien-dentiste, installé dans la Drôme. Mais il est surtout le cofondateur d'une pratique : la dentosophie, "la sagesse des dents". Il est également l'auteur de Nos dents, une porte vers la santé. Et si notre bouche était l'expression de notre être tout entier ?
Réponses avec un homme passionné, inspiré qui partage volontiers ses connaissances et ses éclairages sur la santé et la quête spirituelle.
Racontez-nous votre parcours
J'étais un dentiste "conventionnel" qui jusque là pratiquait une dentisterie classique. Mais un événement est survenu dans ma vie et m'a obligé à agir différemment, mon fils souffrait, la médecine ne parvenait pas à le soulager et je voulais le traiter différemment.
Je suis sorti de la dentisterie et me suis tourné vers les sciences parallèles : ostéopathie, médecine chinoise. Ce parcours a été difficile car il faut remettre en questions son savoir.
Mais avant le mal-être de mon fils, j'avais déjà entamé une réflexion sur mon métier : j'avais stoppé les extractions de dents saines, les premières prémolaires (en dentisterie, on agit ainsi pour faire de la place dans la bouche) or on peut éviter ce geste qui provoque des déséquilibres dans la bouche et procéder différemment, c'est ce que j'ai réalisé.
La bouche est le miroir de notre vie intérieure, on est capable à travers la bouche de décrire ce que l'homme est, son caractère, elle nous permet de situer la personne dans sa quête personnelle.
Je suis convaincu que la science doit rejoindre la spiritualité, la démarche de la dentosophie s'inscrit parfaitement dans ce cadre, elle porte en elle une connotation universelle.
Sur quels travaux vous basez-vous ? Quelles recherches scientifiques sont en cours sur cette pratique ?
Je suis sorti complètement du mot "scientifique" et "recherches scientifiques" car c'est trop limité. Je suis opposé à l'adage "je ne crois que ce que je vois".
La dentosophie est, au contraire, une science empirique et clinique qui est irréfutable et reproductible à 100 %. Le seul écrit qui existe, pour l'instant, sur cette pratique est mon livre !
La leçon que je tire grâce à la dentosophie est que nous n'avons plus de réponses à rien et qu'il faut pourtant aller les chercher là ou elles n'existent pas au niveau terrestre. En cela les travaux de Rudolph Steiner ont été une véritable révélation qui m'ont apporté les éclairages manquant et qui me fait croire que la dentosophie est un tremplin vers l'anthroposophie. Il faut absolument relier la science à l'esprit, en remettant les études scientifiques à leurs places.
Pourquoi vous consulte-t-on ?
Les personnes viennent essentiellement pour des problème un mal être, qu'ils soient enfants, adolescents ou adultes. Il n'y pas d'âge pour entamer une thérapie de dentosophie !
En revanche, pour venir me voir, je demande à ce que les patients aient lu mon livre, les personnes doivent venir en conscience et informés. J'ai fait également évoluer ma pratique : quand j'ai des petits patients en consultation, je m'adresse à l'enfant exclusivement.
La séance se déroule ainsi : je regarde la bouche du patient et je l'amène à faire le lien entre sa bouche et ce qu'il est. J'ai conscience que pour le patient la dentosophie n'est pas une thérapie simple car il faut vraiment que la guérison vienne de lui, moi je ne fais que l'accompagner dans cette démarche.
En général il y a une première consultation puis une consultation tous les 2 mois.
Le patient est sur la voie de sa guérison quand sa bouche a bougé (il peut apprécier ce changement en comparant avec la photographie que j'ai faite de sa bouche lors de la première séance ) et cette évolution physique s'accompagne toujours d'un mieux être évident.
Pour vos consultations, vous avez recourt à un activateur en caoutchouc, qu'est-ce que c'est ?
C'est un appareil que le patient met dans la bouche, mais ce n'est qu'un outil, un fil rouge, un révélateur pour faire prendre conscience du lien qui existe entre la bouche et son être intérieur.
L'activateur, c'est la volonté du patient de décider de le mettre, il a donc en main le pouvoir de guérir.
On est vraiment dans une autothérapie accompagnée.
L'idée est de mettre cet activateur en conscience, c'est à dire s'arrêter dans sa vie et se poser sans musique, sans distraction, et je sais au combien c'est difficile de nos jours !
Je mets en place 2 phases que le patient doit respecter : • Une phase consciente : le travail de jour Le patient porte l'activateur 3x 20 minutes par jour (ce sont des règles qui peuvent s'assouplir) en faisant un arrêt sur image, en laissant tout tomber.
Les 3 points suivants doivent être suivis :
Etre en conscience
Respecter le rythme : porter l'activateur tous les jours Ne jamais ressentir de douleurs. Si on a mal, on arrête.
Une phase inconsciente : la nuit
On s'endort et on se réveille avec l'activateur. Ou on s'endort et on le perd pendant la nuit.
L'essentiel est de recommencer à s'endormir toutes les nuits avec l'appareil.
Tout le monde dort avec l'activateur, je n'ai pas rencontré de patients qui ne s'endormaient pas avec.
Même un enfant de 2 ans peut y parvenir sans risque ! Le tout est d'avoir la participation entière de l'enfant.
Les améliorations sont immédiates ! A l'heure actuelle, c'est la seule pratique, à ma connaissance qui permet à la bouche de bouger, avec l'eurythmie.***
La dentosophie permet de rééquilibrer la bouche et également de réconcilier féminin et masculin que chacun a en soi. Petite illustration : si on mastique à droite : c'est le côté masculin qui s'exprime. Si on mastique à gauche : c'est le féminin qui ressort, c'est un canevas de base, mais qui donne une idée.
Pour réquilibrer, nous devons faire l'effort en conscience de mastiquer de l'autre côté, on est alors dans la conscience et plus dans l'automatisme, ce qui demande évidement du travail !
D'un peuple à l'autre, les bouches sont-elles toutes identiques ?
Et non ! Nous n'avons pas la même intériorité, pas le même rapport à la nature, à la vie, d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre. Et les bouches le disent très bien.
En occident, par exemple, les dents sont tourmentées, déséquilibrées ce qui correspond aux tourments que nous vivons.
Quelles sont vos inspirations ?
Je suis très inspiré par les travaux de Rudolph Steiner, pour moi un véritable être universel : anthroposophie, physiologie, pédagogie, agriculture,...
Je suis convaincu que nous devons lâcher nos anciennes croyances et mettre en place un nouveau cerveau.
J'ai en tête une phrase d'Einstein qui illustre parfaitement ce que je ressens : on ne peut pas régler les problèmes avec le même cerveau que celui qui les a créés. Il faut aller chercher le jamais vu, le jamais entendu, aller au plus profond de soi. Faire fusionner la science à la spiritualité, c'est ma quête sur cette Terre !
Des lectures à conseiller aux internautes ?
Il n’est pas possible de sortir un livre plutôt qu’un autre de l’anthroposophie par exemple (Steiner a animé plus de 6000 conférences) ou d’autres auteurs tellement il y en a de nombreux intéressants ; c’est aux internautes à faire leur propre chemin.
Voici ce que FemininBio vous recommande si vous souhaitez vous faire une petite idée sur toutes ces questions :
Dialogue avec l'ange de Gitta Mallasz
L'initiation de Rudolph Steiner
L'école qui fait aimer l'école de Denise Gilliand (DVD)
Nos dents, une porte vers la santé
*Co-créateur de l’ÉCOLE DE DENTOSOPHIE, société scientifique qui a pour but de promouvoir les méthodes fonctionnelles en France et dans le monde.
****L'anthroposophie est un courant de pensée et de spiritualité créé au début du XXe siècle par Rudolf Steiner. Selon lui elle serait une science de l'esprit, une tentative d'étudier, d'éprouver et de décrire des phénomènes spirituels avec la même précision et clarté avec lesquelles la science étudie et décrit le monde physique.
Les principes de l'anthroposophie ont été appliqués dans divers domaines, comme dans les écoles Steiner, l'agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique,... (source : Wikipédia).
*L'eurythmie est une forme d'art créée par Rudolf Steiner et sa femme Marie von Sivers.
L'eurythmie est une expression artistique dans laquelle la musique et les paroles sont exprimées par des mouvements spécifiques du corps qui correspondent aux voyelles et aux consonnes (à des notes, à des accords). On l'a également appelée "discours visible" ou "chant visible" (source : Wikipédia).
Il existe une eurythmie thérapeutique qui permet des mouvements dentaires sans aucun appareil en bouche.
Demander la liste des praticiens qui se situent dans les environs de votre domicile : contact@sodisapf.com
GRANDIR AUTREMENT n°21 – Janvier-février 2010
Michel Montaud : “Notre bouche témoigne de ce Michel Montaud est l’auteur de l’ouvrage Les dents, une porte vers la santé¹ et le co-fondateur de la dentosophie.
Grandir Autrement : Qu’est-ce que la dentosophie et comment avez-vous été amené à cette pratique ?
Michel Montaud : C’est le résultat de vingt-cinq années de recherches permanentes sur l’être humain, qui nous ont conduits, mes collègues et moi, à une conception de l’être humain dans sa globalité. J’étais un dentiste qui exerçait classiquement son métier. J’ai découvert cet appareil en caoutchouc qu’est l’activateur et je l’ai mis dans la bouche de mon fils.
Quelle n’a pas été ma surprise de voir disparaître ses cauchemars à répétition et de le voir évoluer dans de nombreux domaines, et pas seulement celui de sa bouche.
J’ai ensuite testé l’appareil sur moi : non seulement mes dents bougeaient, mais des pathologies disparaissaient.
Les sciences et thérapeutiques modernes ont tendance à découper l’être humain en parties, alors qu’il est essentiel de le considérer dans sa globalité. Ce qui est pratique avec la bouche, c’est qu’il suffit de l’ouvrir pour pouvoir décoder l’être humain. La dentosophie se situe donc dans une mouvance anthroposophique, héritage merveilleux que nous a légué Rudolf Steiner. La dentosophie se définit donc comme une thérapeutique fonctionnelle qui, sur une base humaniste, fait le lien entre l’équilibre dent-homme-monde.
Cette tripartition s’observe d’ailleurs dans la bouche et c’est l’homme tel qu’il est aujourd’hui que l’on retrouve dans sa dentition.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce lien entre la dent, l’homme et le monde ?
Il est intéressant de remarquer que la dent est le seul endroit de notre corps physique où l’on trouve le minéral à l’état pur, dans l’émail. Or, le règne minéral est le plus ancien sur Terre. À travers la dent, nous avons donc accès à une mémoire ancestrale de l’humanité. Il est d’ailleurs à noter que l’émail s’use avec l’âge, comme si nous n’arrivions pas à intégrer cette mémoire…
M’intéressant aux dentitions, je me suis aperçu que l’on voit arriver des choses étonnantes, que j’ai pu mettre en relation avec l’hyper-intellectualisation précoce chez les enfants. Les dents percent de plus en plus tôt et dans un ordre d’arrivée souvent inversé, qui témoigne d’un malêtre profond. C’est toute l’évolution de l’homme qui est remise en cause. Steiner a dit, au début du siècle dernier, qu’il ne faut pas intellectualiser un enfant avant l’arrivée de ses premières dents définitives – incisives et premières molaires – car cela détourne les forces physiques dont il a besoin pour construire son corps physique. Jusque l’âge de 7 ans et l’apparition de sa seconde dentition, il a besoin de toute son énergie pour cela. Si on introduit l’abstraction et mobilise son intellect avant cet âge, il risque d’avoir des organes déficients.
Aujourd’hui, la pensée de Steiner est confirmée.
Cela est important à expliquer aux parents et aux enseignants, qui pensent pourtant agir pour le bien des enfants.
Dans notre occident hyper-intellectualisé, on peut voir de plus en plus de signes de souffrances dans les dentitions lactéales, c’est-à-dire les dents de lait, telles que la supraclusion – à savoir le recouvrement excessif des dents du haut sur celles du bas –, qui est notamment un signe de détresse affective très important. Les dents sont un vrai chantier de l’humanité.
À partir de quel âge peut-on venir consulter ?
Le plus tôt possible ! Mon plus jeune patient avait 2 ans et 3 mois. Le Moi du thérapeute ne touche que le corps astral de l’enfant, nullement son intellect. Si le thérapeute vit ce qu’il dit, cela passe comme en "intraveineuse". J’ai eu par exemple le cas d’un enfant dont la dentition a commencé à bouger exemplaire de philippe PASSEMAR - philippe.passemar@laposte.net après la première consultation, sans action de l’activateur. C’est d’ailleurs pour cela que j’insiste pour dire que l’activateur n’est qu’un des outils de la dentosophie. L’être de l’homme travaille à travers l’activateur, certes, mais la première consultation est encore plus essentielle car elle permet de lire dans la bouche tout ce qui n’est pas dit et de donner l’occasion au patient de s’auto-traiter.
Comment la dentition peut-elle bouger ?
C’est difficile à expliquer car ce n’est pas une action mécanique, comme avec les bagues en orthodontie classique. Le problème avec celle-ci, c’est que tout a tendance à rebouger : il y a 60 à 90 % de récidive². C’est donc que l’origine du problème n’a pas été résolue. La bouche est la conséquence de ce que nous sommes. J’ai récemment eu une stagiaire de 15 ans qui a écrit cela dans son rapport de stage : "J’ai pu assister à une consultation peu ordinaire chez un dentiste. Cette expérience m’a beaucoup plu. En effet, ce dentiste ne pratique plus la médecine « classique ». Médecin depuis trente ans, il part du principe que notre bouche est la conséquence de ce que nous sommes, de ce que nous ressentons, vivons ou avons vécu. Tout se lit à l’intérieur de la bouche. Grâce à un traitement non agressif (sans appareil dentaire), il remet en place les dents, la mâchoire, mais aussi la façon de vivre de ses patients. J’ai pu assister à la première consultation d’une mère et de son enfant, c’est d’ailleurs la plus intéressante et importante aussi, afin d’établir un contact avec les patients. J’ai été incroyablement surprise par la facilité qu’a eu cet homme à dialoguer avec eux, et surtout par la façon dont il a lu en eux. En une simple demi-heure, il a fait ressortir le caractère, les ressentis, le passé de ces personnes.
Il ne les connaissait absolument pas." En réalité, les dents bougent car, à l’intérieur, l’être humain commence à se mettre en mouvement. Il a pris la décision de changer de vie. Tous les jours, il choisit de s’arrêter pour mâcher un objet qui semble ne servir à rien et qui, en plus, coûte de l’argent. Ce changement d’état d’esprit se lit aussi dans sa bouche. Le mouvement des dents n’est que la ■ conséquence d’un état d’être psychoaffectif.
PROPOS RECUEILLIS PAR CARINE PHUNG 1 – Éditions Le Souffle d’Or (2007). C’est un ouvrage facile à lire et riche d’enseignements.
2 – Note de la rédaction : de plus, l’orthodontie, telle qu’elle est prise en charge actuellement, privilégie un traitement souvent trop tardif et plus invasif. Par exemple, si un enfant a une mâchoire trop petite, il va falloir attendre que toutes les dents (ou presque) soient sorties, pour pouvoir baguer le tout, voire arracher des dents saines, avec le risque que tout rebouge par la suite.
Pour demander la liste des praticiens : http://www.dentosophie.com
Les dents, siège de la mémoire ?
Une étude suédoise a montré qu’en arrachant une dent, c’est aussi une partie de notre mémoire qui s’en va… Pour cette étude, qui fait partie d’une étude plus large sur la mémoire, les chercheurs ont suivi 1 962 personnes âgées de 35 à 90 ans à partir de 1988, comparant la mémoire de ceux qui avaient gardé leurs dents et de ceux qui s’étaient fait mettre des dentiers. De récentes études japonaises sur les rats et les singes avaient déjà montré le lien entre les dents et la mémoire mais, selon M.
Bergdahl, l’étude suédoise est la première à une large échelle sur les humains. La recherche a encore à déterminer quel impact l’arrachage d’une simple dent peut avoir sur la mémoire : “Nous allons étudier jusqu’à combien de dents peut perdre une personne avant que cela commence à avoir un effet sur sa mémoire. Nous allons aussi enquêter sur l’impact des caries dentaires et des implants”, a déclaré M. Bergdahl.
Quand on pense que les dentistes retirent souvent des dents saines à de jeunes adolescents, dans le cadre de l’orthodontie…
Source : http://www.afp.com/afpcom/fr
“LA DENTOSOPHIE PERMET, EN PASSANT PAR LA BOUCHE, DE DONNER LA POSSIBILITÉ À L’ÊTRE HUMAIN D’ACCÉDER AU PLUS PROFOND DE LUI-MÊME. ELLE PERMET DE VOIR CE QUI ÉTAIT INVISIBLE ET D’ENTENDRE CE QUI ÉTAIT INAUDIBLE. ELLE NOUS AMÈNE SUR LA VOIE DE LA COMPRÉHENSION VÉRITABLE DE L’HOMME EN NOUS DONNANT LA POSSIBILITÉ DE NOUS LIBÉRER DE NOS ANCIENNES CROYANCES. ELLE NOUS DONNE ACCÈS À UNE ACCEPTATION PLUS ÉLARGIE DE LA VIE, À UNE PLUS GRANDE TOLÉRANCE DEVANT CE QUE NOUS NE COMPRENIONS PAS ET, SOUVENT, REJETIONS. ELLE EST UNE PORTE D’ENTRÉE VERS LE « JAMAIS VU, LE JAMAIS ENTENDU ». ELLE DONNE L’ACCÈS POSSIBLE À L’ANTHROPOSOPHIE, QUI EST LA PRISE DE CONSCIENCE DE QUI EST VÉRITABLEMENT L’ÊTRE HUMAIN. ELLE EST UNE VOIE QUI OUVRE À L’ÂME DE LA CONSCIENCE.”