Témoignage du 12 octobre 2007 — n° 197
vendredi 12 octobre 2007
Bonjour. Je suis en travail actuellement depuis six mois. Je suis sur la fin de votre livre et absolument ravi de tout ce que j’y ai découvert. J’ai une forte pulsion prosélyte basée sur l’avancement de mon travail buccal personnel. Je viens de rédiger une note d’introduction à la dentosophie pour mes proches qui est un mixe de mon travail et de la substantifique moelle trouvée dans votre livre. Si vous voulez, je peux vous l’adresser.
Et bravo pour votre bouquin : c’est géant !
INTRODUCTION À LA DENTOSOPHIE
En 1953, les docteurs français Soulet et Besombes mettent en circulation l’activateur gouttière, une sorte de protège-dents en caoutchouc : une double gouttière reçoit les arcs dentaires et le patient est invité à mastiquer cet objet souple une fois en place dans sa bouche.
L’objet invite à un replacement de la mandibule par rapport au maxillaire et réinitialise une fonctionnalité de la bouche plus conforme à sa nature. Le Professeur espagnol Planas confirme les hypothèses de Soulet et Besombes de telle sorte que la nouvelle discipline naissante trouve sa place au cœur même de la dentisterie tout en lui donnant un caractère holistique et une place à part entière dans la médecine humaine.
La bouche est un endroit du corps où transitent, où se logent, les engrammes de toutes les expériences de la vie. Les dents sont plus que la simple relique du monde minéral dans notre corps ; elles sont porteuses de notre histoire personnelle et les maux dont elles sont atteintes ne traduisent que des dysfonctionnements dans notre vie. C’est ainsi que la dentosophie, littéralement « sagesse de la denture », considère la bouche, comme un lieu qui parle, qui nous parle… et dont il convient d’apprendre le langage. Certes, lorsqu’une dent provoque une douleur, il faut la soigner, mais la dentosophie propose de la soigner tout en cherchant à percer le mystère de ce qu’elle veut nous dire dans un champ plus large.
Ce nouveau positionnement a, dès le début, entraîné les foudres de la médecine dominante qui a tout fait pour le marginaliser. Aujourd’hui les forces vives de la dentosophie se sont renouvelées et un nouveau regain est à l’œuvre.
Pour mieux comprendre l’abc de la dentosophie, il suffit de remonter à l’histoire de toute vie. A la naissance, le bébé est épris d’un réflexe de fouissement ; il cherche le sein pour téter. La dépression qu’il doit réaliser dans sa cavité buccale est telle que la respiration nasale lui est indispensable. Cette respiration est notre respiration normale, de jour comme de nuit. Pourquoi ? Le nez remplit des fonctions à nulle autre pareille : il nous permet de filtrer l’air utilisé et surtout, par un fin réseau de micro-capillaires, de le réchauffer. La gouttière supérieure de l’activateur est bordée d’un rabattant qui remonte assez haut pour interdire toute respiration buccale forçant par là la respiration nasale.
Une des premières aspirations physiques du jeune bébé, c’est d’accéder à la marche. Toute une série d’étapes devront être franchies, dans l’ordre les unes après les autres : passage de la position sur le dos à la position sur le ventre, progression au sol sur le côté (homo latéralité, nage à l’indienne), marche à quatre pattes (latéralité croisée), position accroupie, debout. Chaque phase correspond à un développement de la denture et tout blocage ou toute contrariété se manifeste dans la formation des arcs dentaires. A contrario, des dysmorphoses observées à l’âge adulte pourront résulter de troubles remontant à cette toute petite enfance.
Mais l’histoire de la vie continue lorsque l’enfant prononce ses premiers phonèmes et trouve dans les réponses et les sons qu’il entend la voie de l’élaboration de son parler, fonction qui utilise la bouche. La compréhension du sens des mots l’invite à exercer sa pensée à la suite. Au total, la bouche sera un excellent témoin de tout ce long parcours de l’édification d’un adulte dans son corps jusque dans son cerveau : les tenants de la dentosophie savent l’observer et le déchiffrer.
Le corps que nous avons, et notamment la bouche, porte en lui les stigmates de toute notre vie, de nos expériences physiques, psychiques, émotionnelles et relationnelles. Plus qu’un savoir, la dentosophie propose une réappropriation de sa bouche et de son corps, et cela par le simple usage de l’activateur gouttière. Pourquoi et comment une telle mutation est possible ?
Notre systèmes nerveux est constitué de milliards de neurones connectés les uns aux autres par des synapses, sorte de carrefours d’interconnexion. Ces cellules nerveuses se renouvellent constamment. Dès lors, on peut imaginer comment la sollicitation des muscles de la mastication, par l’activateur gouttière, peut agir. En repositionnant correctement les deux maxillaires l’un par rapport à l’autre, le travail musculaire alterné avec des phases de détente envoie au système neuro-végétatif de nouvelles conditions de vie qui marquent la structuration des nouveaux neurones. Ces derniers se superposent à l’ancienne structuration neurologique constituée d’engrammes instaurés dans un contexte pathologique : ils sont à la base de la formation des nouveaux tissus régénérateurs de la bouche qui orchestreront le replacement des dents, de la gencive et des arcs dentaires dans leur globalité. Avec un peu de temps, la nouvelle structuration tend à effacer l’emprise de l’ancienne, la bouche se transforme et gagne un meilleur équilibre et le patient ressent de nouvelles sensations plus harmonieuses.
On comprend alors pourquoi les dentosophes parlent d’auto thérapie et recherchent l’adhésion tout d’abord puis l’abnégation des patients dans le travail soigné, régulier et durable qu’il leur est proposé. La réussite d’une transformation dispendieuse d’harmonie est à ce prix. Il est utile de s’arrêter un peu sur ce point de départ car il est crucial.
La dentosophie propose un autre regard sur la bouche, mais sur la bouche intégrée dans un corps et un esprit harmonieux et ces derniers placés dans des relations humaines également plus harmonieuses. Si le patient le décide, ce regard peut passer dans sa propre expérience de vie. Il peut décider de se bâtir un nouvel avenir en se lançant dans le travail proposé. Ce dernier nécessite de réformer le propre regard que l’on a sur soi-même. Il y aura probablement un conflit avec ses habitudes et cela nécessitera de faire la part des choses : ou bien la chose me paraît trop difficile, trop contraignante ou trop loufoque et je la rejetterais (c’est d’ailleurs un mode de fonctionnement dominant chez l’homme que de rejeter la nouveauté), ou bien je la tenterais comme une sorte de pari de Pascal.
Expérience faite depuis six mois, je dois dire que ce pari de Pascal en vaut la chandelle. Pour ceux qui ressentent la difficulté tout en étant attiré par la chose, il me semble que sur une durée de six mois, il y a largement la possibilité de ressentir tous les bienfaits de cette pratique et de jauger tous ceux auxquels on peut encore accéder. L’accompagnement par un dentosophe me parait indispensable ; c’est une auto thérapie mais celle-ci doit être guidée.
Pour être plus complet, il resterait à évoquer plusieurs points importants tels que :
Le travail proposé
L’occlusion
L’articulation temporo-mandibulaire
La perte de verticalité
La mastication, la déglutition, la phonation
L’équilibrage bucco-dentaire
Le langage des dents
Etc.